Chanter
Il y a trente ans, je quittais la musique.
Le piano de mon grand-père
Tout a commencé lorsqu’à six ans, mon grand-père m’a offert un piano. Il n’était pas très beau, mais les doigts de Charles Aznavour l’avaient effleuré lorsqu’Édith Piaf venait chanter au Triana, le restaurant de mon grand-père. Il m’avait dit deux choses : apprends le piano pour réaliser ton rêve, et ne t’en sépare jamais. Malgré de nombreux déménagements, parfois dans de minuscules chambres de bonne, ce piano m’a accompagnée toutes ces années et jusqu’à aujourd’hui.
Puis il y a eu le conservatoire, l’École normale de musique. Comme je passais mon temps à chanter du Barbra Streisand ou du jazz, notamment Ella qui était mon idole, j’ai décidé d’écrire des chansons, tout en suivant des études de lettres pour faire plaisir à ma mère. Je fus auditionnée par Mireille dans son Petit Conservatoire, par Alice Dona pour son école de musique, et enfin par l’équipe du Studio des Variétés. Je vécus là-bas de merveilleuses années de piano, de composition, d’écriture, de castings… et de cours de chant avec l’incomparable Frédéric Faye, le seul professeur de chant que je garderai toujours dans mon cœur.



Olivia Becker ETC…
Il y eut enfin la rencontre avec les artistes du CIM, et un certain Matthieu Chedid. Puis l’idée d’un groupe de garçons autour de mes chansons : Olivia Becker ETC… Comme mes origines étaient plurielles, tout comme mes goûts musicaux, ma musique était empreinte de grandes chansons françaises, de cabaret, de rock, de jazz, de tango, de klezmer et de classique. Deux idoles guidaient mes pas : Freddie Mercury, mais surtout David Bowie.
Nous avons joué sur les scènes parisiennes, du Sentier des Halles au New Morning… Notre studio était à l’Hôpital éphémère. Je fréquentais la famille Dutronc, Jacques Higelin, Jean-Louis Aubert, les FFF… Du jam, du partage, une famille.

Sur scène



Dans la presse


Puis je suis partie.
Comme beaucoup de jeunes femmes artistes de cette époque, j’ai découvert un milieu parfois violent et profondément toxique. De la drogue dans mon verre, à mon insu ; un réveil les bras couverts de brûlures de cigarettes, alors que je ne fumais pas. Comme on se coupe un bras, j’ai coupé mon lien avec la musique pour devenir tour à tour journaliste, attachée de presse, écrivaine, réalisatrice… La seule chose que je m’étais autorisée était de donner des cours de musique, chez moi puis dans les conservatoires, notamment pour les enfants autistes.
Retrouver ma voix
Après trois années passées en Israël, où nous étions partis faute d’avoir trouvé en France un lycée prêt à accueillir mon fils autiste, j’ai connu la guerre, les bombes, les abris et le 7 octobre. Et dans cet abri collectif, l’idée d’un opéra pop est née. Les mots sont arrivés par milliers, tout comme les musiques, comme autrefois.
Il m’aura fallu trente ans pour réparer une blessure, rouvrir les cartons, ressortir les photos, les cassettes, les souvenirs… et retrouver ma voix. Ma voie. Voilà comment est né mon nouveau projet, que je vous présenterai bientôt.


